vendredi 15 août 2008

Les vacances de M. Lint



Emmanuelle m'a convaincu de présenter quelques-unes de mes photos. Ce n'est pas du narcissisme, mais de la bonne volonté. De grâce, n'allez pas m'identifier au personnage ci-dessus représenté. 
Danke schön. 

mercredi 13 août 2008

Les cinq sens

Emmanuelle, qui se met parfois le nez dans les affaires qui ne la regardent pas, mais bon, comme c'est mon assistante, je lève les yeux sur ses écarts de conduite, même si je fais la sourde oreille à ses demandes pressantes de mettre les mains à la pâte et d'aider au ménage de mon bureau – que voulez-vous je n'ai pas un goût très prononcé pour l'ordre et les tables vidées de leur contenu. Emmanuelle donc, apercevant mes photos de vacances, m'a demandé de diffuser toute affaires cessantes un des petits films que j'ai tournés cet été.
Dans mon esprit, ça s'intitule "Les vacances de M. Lint". Mais, je suis un vieux de la vieille, mes références sont parfois datées.
Je vous préviens: la meilleure façon d'apprécier ce film est d'oublier qu'il a été tourné dans une entrée de garage. Il faut s'imaginer que la voiture est dans un terrain vague et qu'un inquiétant bruit (style: un orage approchant) parvient aux oreilles attentives du sieur Lint, tandis qu'il mâche de la gomme à la menthe et que devant lui s'ouvre un vaste panorama de canyons et de falaises. Ça sent la rose, mes amis, et dans ses mains c'est un parapluie rugueux qu'il tient.
Je vous laisse, j'ai d'autres chats à fouetter. J'essaie de régler mes problèmes de synesthésie.

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Culs de sac


Parfois je me sens comme un page blanche. Et quelqu’un me presse d’y écrire le plus rapidement une réponse. Mais je ne sais pas quelle est la question. Quelle est la question?
That is the question...

Je me sens, pus précisément, comme le plan d’un ville dont tous les noms auraient été retirés. Un plan en noir et blanc et les traits dessinent l’emboîtement des rues et des parcs. On peut se perdre dans la contemplation d’un tel plan. Nos yeux suivent des lignes qui se brisent. Le moindre quartier se transforme en un labyrinthe intéressant dont on peut investir l’architecture de ses propres desseins.

Mais où mènent ces rues anonymes? Quelle est leur fin? Celle-ci est suspendue. Comme une destinée qui aurait été immobilisée en pleine course.
Mais je persévérerai. I will survive, comme chantait l’autre en son temps (bon, c,est vrai le hit a été repris à répétition!).
Je suis plus fort que le courant que je remonte d’un crawl puissant.
Il y a des matins comme ça.

vendredi 8 août 2008

Sempiternelle reprise des travaux

J’ai beaucoup travaillé tout l’été.
Je ne l’ai pas dit pour ne pas attirer les foudres des autorités locales, mais je me suis donné à fond. Cela explique mon silence relatif. Mais parfois il faut reculer pour mieux sauter, comme le dit le dicton.
C’est ça ou : quand tu te réveilles mon fils et que tu te sens bien et que tu te regardes dans le miroir et que tu te rends compte avec une fierté inégalée que tu possèdes, ô mystère, une seconde paire de couilles, sache, mon fils, que tu es en train de te faire... Hum. Laissez faire.
Bref, j’ai continué tout l’été, aidé de mon adjointe, Emmanuelle Alba, mes expérimentations sur le journal de Tamaracouta. Et les résultats n’ont cessé de m’étonner. Ce texte est magique. Il donne vie à ce qu’il décrit. On se croirait dans un texte de Borges ou de Vila-Matas, sa réincarnation catalane.
On ferme les yeux, et les mots disparaissent, puis ils sont remplacés par des figures et des images. En couleur, Que dis-je, en Panavision! En Dolby stereo et tout le pataclan.
Pour me servir de ses gènes, je les ai appliqués au roman que la jeune Caroline a laissé sur mon bureau. Le roman de son père, J. R. Berger. L'île des pas perdus. C'est ainsi que ça s'intitule, ne me demandez pa pourquoi.
Et je ne suis pas allé avec le dos de la cuiller. Tenez-vous le pour dit. J'ai mis les gaz.
Je sens que j’approche. Mes résultats sont sur le point de confirmer la justesse de mes expérimentations et de mes hypothèses sur la littérature transgénique. Elle existe, oui, chère lectrice, elle est sur le point d’exister.
Et cela fera un gros boum! Vous m’en direz des nouvelles.
ce sera, oui, ce sera comme une porte qui s'ouvre.
Voilà! Oui, une porte.


samedi 10 mai 2008

Toujours plus loin.

Ô vanité, quand tu nous tiens...
Je tenais à partager avec toi, chère lectrice, mon enthousiasme pour cet avenir radieux qui se profile.
Ne le vois-tu pas se pointer le museau?
Quand le livre sort des presses
et entre à peine au bureau
Il sent bon l'encre fraîche.
(Tout ce qu'on ne fera pas pour une rime, j'vous jure)

L'avenir, si seulement on pouvait le contrôler, le présent s'en porterait mieux.
Alea jacta est.

lundi 5 mai 2008

Une autre sombre pensée

Un autre rêve, une autre image obsédante, comme si l'auteur tentait de me dire quelque chose! J'ai essayé de filmer, mais ça n'a rien donné de pertinent.

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dimanche 4 mai 2008

Une sombre pensée

Maux à mots

Ma recherche intempestive sur la génération 2.0 m’a fait perdre de vue mon travail sur le texte de Berger et de Tamaracouta.
Mais ne vous inquiétez pas, chère lectrice, il progresse. Je parle de mon travail, évidemment, et pas du texte ou de Berger, que je ne pourrais reconnaître dans la rue s’il advint que je le croisasse par inadvertance.
(Comment fait-on pour croiser quelqu’un au subjonctif? Ç’est une question que je laisse aux herméneutes du département.)
Le texte de Berger, je le manipule sans peine, je découpe et déblanchit ses pages comme bon me semble. C’est le texte de Tamaracouta qui me pose des problèmes. Je ne peux l’approcher qu’avec la plus grande circonspection. Ainsi, je ne peux y toucher que si je me suis muni préalablement de gants de caoutchouc et d’un masque de chirurgien.
À me regarder on se croirait dans un vrai laboratoire médical. Il ne manque qu’Emmanuelle Alba dans un uniforme d’infirmière d’un blanc étincelant pour que l’illusion soit complète.
Le travail est lent et, quand j’y passe trop de temps, je finis par avoir des mots de tête (beau jeu de maux, n’est-ce pas?) et, la nuit, de ces rêves que même Freud, dans sa grande sagesse, hésiterait à interpréter.
On m’a parlé d’un anti-freudien notoire, un certain Vladimir N., qui pourrait toujours me recevoir et explorer les racines de mon arbre cognitif à l’aide de sa plume acérée, mais j’hésite... Je n’aime pas les charlatans (un par page, cela devrait suffire) et tolère difficilement les examens de conscience.
Mais enfin.
La nuit dernière, par exemple, je me suis réveillé à trois heures du matin afin de transcrire le cauchemar que je venais d’avoir et voici ce que ça a donné.
Du charabia!

« Ne me te se me souvient plus désastre peut s’appeler brouillard, navire échoué, astres, dés, pers la carte un roi touchable aimable caressable les lignes confondues la chose n’a plus de tête la tête n’a plus de pied le pied n’a plus de sol les lignes sur le bout de la sur le la au cœur de la une pensée quoi quoi les lignes quoi »

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi, je trouve ça tout bonnement illisible. Les ATN de ce texte ont dû se brouiller. Un enfant de 5 ans pourrait arriver au même résultat, les yeux fermés.

Je vous laisse, ma migraine s’intensifie.

mercredi 30 avril 2008

G-2.0

Chère lectrice,
j’ai voulu vérifier si j’avais été le premier à parler de la G-2.0. Je suis systématique quand il le faut. Emmanuelle Alba y est allé à fond de train et en moins de temps qu’il en faut pour retourner une crêpe (0,26 secondes!), elle a trouvé, sur Google, 8 490 000 mentions du terme. Rien que ça...
Hum! Réduisons nos attentes.

Chère lectrice,
je peux maintenant affirmer, sans me tromper, que j’ai été l’un des premiers. Bon, j’avoue, ce n’est pas aussi glorieux que d’être le premier, mais au moins je ne suis pas le dernier. Ha!
Je suis par contre le premier à faire de la G-2.0 : LTG.
Ce sera ma marque de commerce.

J’ai été tout de même étonné d’apprendre que des livres avaient déjà commencé à être publiés sur la question.

Ainsi, l’ineffable Ben Rigby, fondateur et pdg de Mobile Voter (rien de moins!), vient de rédiger un essai sur la G-2.0. Ça s’intitule Mobilizing Generation 2.0: A Practical Guide to Using Web 2.0. Technologies to Recruit Organize and Engage Youth. Je n’ai aucune intention de lire l’opuscule qui doit être tout aussi insignifiant que son titre. Mais quand même! À peine la génération existe-elle qu’on tente déjà de la mobiliser! C’est du virtuel concret pas à peu près...

Chère lectrice, il en est même question en long et en large sur Marcom Blog, le fameux site consacré à euh... bien disons à Marcom Aix.
Je pourrais vous résumer la chose, mais je préfère livrer les réflexions de ce cher Marcom dans une traduction signée Babel Fish. J’aime bien ces traducteurs automatiques... Ils nous livrent une marchandise très G-2.0. Tout croche, tout de travers.
Or donc, voici ce que le monsieur dit (et je ne peux m'empêcher de mettre en caractère gras les perles):

« L'avez-vous vu ou lui avez-vous senti ? Quelque chose se produit. C'est réellement une expression populaire sur les rues de Silicon Valley de nos jours. Mais ce n'est pas une côte gauche, bonne chose de côte.

Vous êtes, nous sommes, impliqué dans une transformation de la proportion épique (vous avez vu ceci ainsi un léger calembour est prévu, et
des travaux donné le contexte de ce poteau).

Au milieu des générations marquées baby boom, X, et Y, là a émergé une place des individus qui est changeante et rétablissante les « affaires » dans le concept des 'affaires comme d'habitude,' que nous le savons. »

Chère lectrice, ne me demandez même pas ce que cela veut dire.... Même avec le protocole TRANSLIT, je n’arrive pas à des résultats aussi sidérants.

« Ils représentent un espoir attachés à un bourdonnement toujours croissant autour de ce qui est possible. Une nouvelle main d'oeuvre est programmée et la main d'oeuvre reprogrammée-un qui a été transformée par l'innovation ; une main d'oeuvre qui transformera des industries comme nous les savons (affaires, médias, P.R.).

Ils ne seront pas marqués avec une lettre, mais plutôt un nombre de version. Comme le cycle du développement de produit dans le monde de la technologie (désolée, je suis un type de P.R. de technologie), ils reflètent une transition de la première version à la prochaine génération-version 2.0. Pas GEN-X, pas GEN-Y, mais génération 2.0.

Outre de la manchette et nullement complet, laissez-nous considèrent les 2.0 grande image. Le développement du Web 2.0 (technologie) alimente l'environnement des affaires 2.0 (affaires), qui autorise alternativement de nouveaux producteurs de médias (des goûts des Un-listeuses comme Scoble et Battelle même aux zz-listeuses les plus obscures comme me ou améliorez pourtant ma soeur et son armée des amis de MySpace). »

Voilà.
Ne me remerciez pas. Maintenant vous savez tout. C’est transcendant.
Je vous le dis, la G-2.0 raflera tout sur son passage.
Et je ferai taire les sceptiques.

mardi 29 avril 2008

Le match du siècle!

M. Suprenant est un sceptique.
Cela n’a rien de bien heu... surprenant.

Je pensais qu’il voulait me féliciter pour ma proposition, quand il m’a demandé de venir le rejoindre à son bureau. Que non... Qué no! Comme dans Raymond évidemment.
Il m’attendait avec une brique et un fanal. (Et il ne mâchait pas ses mots : « Tabarnak, Éric, t’as-tu fini de faire des conneries? Ostie, assis-toi...)
Il n’était pas seul. Jean Calumet, doyen de la faculté des arts et du commerce, un ogre, bedonnant, avec des lunettes aviateur, y était aussi. Il grommelait. Il ne lui manquait qu’un cigare pour que le portrait soit complet.
Je devais arrêter toutes affaires cessantes d’harceler M. Renard, recteur de notre divine institution en faillite. Il semble, a précisé M. Suprenant, que M. le Recteur, fin ha ha comme il se doit, n’appréciait pas outre mesure les multiples lettres que je lui avais fait parvenir pour le convaincre de faire prendre à notre institution le virage de la génération 2.0. (Suprenant ne mâchait pas ses mots : « On n’en a rien à foutre, ‘stie! C’tu clair? Saigne tes breaks... »)

J’étais pantois.
Quoi?
Du foutre? Pantoute...
C’est la voie de demain.
La voie de la main.

Consterné, étais-je. Ils n’avaient pas compris que je leur offrais la poule aux œufs d’or. Un avenir radieux s’ouvrait, et ils en étaient encore à chipoter sur des virgules et des formules d’usage. (Bon d’accord, j’aurais pas dû traiter le rectum de trou du... Mais quand même, on ne transforme pas le futur d’un simple coup de baguette.)

« C’est quoi au juste la génération 2.0? » m’a demandé M. Calumet, qui ne voulait pas me laisser en paix et qui semblait bouloir me dévorer des yeux.

« Vous n’avez qu’à vous pencher et à regarder par le fenêtre de votre bureau », lui ai-je répondu, le sourire aux lèvres. « Elle est là tout autour de nous. Au coin de toutes les rues, dans les cafés, attablée autour d’une bière rousse, dans le métro et les autobus. Et plus important encore : elle est dans les couloirs de notre université, dans ses salles de classe, n’attendant, comme un papillon dan son cocon, que de voler de ses propres ailes en écoutant sa musique son Ipod.
La G-2.0 (ça fait mode, non?) écoute évidemment des chansons téléchargées sur son téléphone portable ou son Ipod. Elle lit le texto dans le texte et n’est jamais loin de son clavier. Elle connaît les principes du T-9. Son réseau la suit partout.
Elle est branchée. Auparavant, cela voulait dire à la mode, maintenant, c’est littéral : elle est branchée à son portable, à son réseau Internet et à son compte de banque, de plus en plus sollicité.
Sa nature est participative. Elle est sur Facebook, MySpace, Flick’r, Ringo, Marlot, etc.
Elle est un être essentiellement sémiotique (M. Calumet a sourcillé, il n’aime pas ce terme qui fait vieille garde). Elle envoie des signes partout et tout le temps. La fonction phatique est, avec elle, surdimensionnée. C’est le contact qu’elle recherche, l’assurance que le contact est maintenu.
Quand elle téléphone à un ami, la première question qu’elle pose est : où es-tu? Elle ne connaît qu’une seule logique économique : celle des versements égaux mensuels. Le pire est que cela ne lui fait même pas peur…"
M. Suprenant et M. Calumet se regardaient, incertain s’ils devaient me laisser continuer ou me foutre à la porte. J’ai fait comme si de rien n’était.
"La génération 2.0," ai-je continué, "c'est-à-dire nos élèves, ceux que nous croisons chaque jour dans les couloirs, portent des tatouages aux endroits stratégiques de leur corps, et des piercings tout près des zones érogènes. Il sont nés une souris d’ordinateur dans les mains, et ont grandi le nez collé à l’écran de l’ordinateur.
Le virtuel est leur réalité.
Le passé est une grande masse informe, légèrement angoissante. Le futur est un monde sans fin. Leur temps est le présent, mais un présent obsédé par sa propre définition, par sa propre temporalité.
C’est le présentissime. Tout le temps le présent, rien que le présent, qui s’invente selon ses besoins un passé et un futur qui lui correspondent."

« C’est assez! » a crié M. Suprenant. « Assez de sornettes... Et qu’on ne vous y reprenne plus. Une autre lettre à notre très cher recteur et vous êtes à la porte.... Est-ce clair? »

Dans le couloir me ramenant à la chaire, je n’avais qu’une seule idée en tête, leur montrer que la G-2.0 existait bel et bien. Et plus encore. Qu’elle constituait en fait le lectorat par excellence de la littérature transgénique.
Les deux étaient liés, évidemment.
Je devais finir d’inventer la littérature transgénique pour l’offrir à la G-2.0!
C’était la quadrature du cercle (ou quelque chose du genre, je ne suis jamais certain de savoir ce que veut dire cette expression, mais ça me fait un p’tit velours de l’utiliser).
Je serai le Nobel du 21e siècle. On ne me remerciera pas assez.